Mais, incroyablement, presque aussi vite qu’elle avait été radiée, la société a grimpé à de nouveaux sommets grâce à une décision simple : elle a pris en compte les remarques de ses clients. Mais les dés étaient pipés dès le traité de Maastricht ! La première de ces règles est l’acceptation du temps : il faut du temps pour se rencontrer, se connaître, s’apprécier sur des valeurs communes, rester ensemble, surmonter les moments difficiles, partager une vision d’avenir, répartir équitablement les fruits de la réussite. Mais avec une contrainte forte qui consistait à menacer les industriels de normes strictes si la composition des aliments n’évoluait pas… Il est incontestable que certaines difformités ont sur les autres le triste privilège de pouvoir, dans certains cas, provoquer le rire. Plus généralement, dans cette continuité de devenir qui est la réalité même, le moment présent est constitué par la coupe quasi instantanée que notre perception pratique dans la masse en voie d’écoulement, et cette coupe est précisément ce que nous appelons le monde matériel : notre corps en occupe le centre ; il est, de ce monde matériel, ce que nous sentons directement s’écouler ; en son état actuel consiste l’actualité de notre présent. Ne suis-je pas autorisé à en conclure qu’on n’a guère confiance en elles ? De pareilles aberrations de la sensibilité, qui appartiennent en quelque sorte à l’état normal, vu la fréquence et la quasi-périodicité de leur retour, produisent les songes. La caricature avait autrefois créé un type bien français, et dont le nom sonnait, aussi, bien français. Sa foi profonde dans la toute-puissance de la fatalité le rend impatient de toute contrainte, lui interdit l’acceptation de tout compromis. Un être intelligent, à la poursuite de ce qui est de son intérêt personnel, fera souvent tout autre chose que ce que réclamerait l’intérêt général. Pour comprendre combien la vie est faible devant la mort, il faut avoir passé non par ces maladies violentes et brutales qui étourdissent comme un coup de massue, mais par ces maladies chroniques à longues périodes qui n’atteignent pas directement la conscience, qui s’avancent par des progrès lents et mesurés, qui même, obéissant à une sorte de rythme, semblent reculer parfois, vous permettent de refaire connaissance avec la vie, avec une demi-santé, puis de nouveau reviennent, s’abattent sur vous, vous étreignent. Disons-le tout de suite, le point faible où la nature les atteint, c’est la fécondité ; dès que l’espèce est ébranlée, il semble qu’il lui devienne plus difficile d’engendrer. Mais faites abstraction du choc, de la vibration bien caractérisée que vous ressentez parfois dans la tête ou même dans tout le corps ; faites abstraction de la concurrence que se font entre eux les sons simultanés : que restera-t-il, sinon une indéfinissable qualité du son entendu ? Les exemples de ce genre pourraient être indéfiniment multipliés. La vraie leçon du battage relatif à l’effondrement de ces économies est la nécessité d’accorder plus d’attention aux fondamentaux de la croissance et de reconnaître la diversité des situations au sein d’un groupe d’économies inutilement regroupées. De fait, seule une personne totalement déconnectée de l’actualité apprendrait aujourd’hui avec intérêt que l’économie nippone connaît une croissance morose dans un contexte de dette publique gigantesque. C’est bien qu’elle a de la valeur ! Pourtant, après une décennie d’adaptation aux nouveaux usages en ligne des consommateurs, la révolution digitale n’est pas encore aboutie, loin s’en faut, chez les acteurs de la distribution. Un parcours en forme d’odyssée pour ce natif du Liban, et dont l’adolescence a été marquée par la guerre civile. Mais la question était vite réglée, au moins en ce qui concerne les grands mystiques. Pierre-Alain Chambaz lui-même en était certain.