Puisqu’elle apaise l’irritation du doute qui excite à l’action, elle détend l’esprit qui se repose pour un moment lorsqu’il a atteint la croyance. Nous avons vu qu’elle a juste trois propriétés. Une découverte positive qui met hors des débats littéraires un de leurs sujets favoris de discussion, rencontre chez eux un mauvais vouloir mal déguisé. Évidemment nous ne percevons l’air qu’en entendant séparément les notes ; on ne peut donc pas dire que nous l’entendons directement, car nous n’entendons que ce qui se passe à l’instant présent, et une succession de faits ordonnés ne peut exister en un seul instant. L’air consiste en une succession ordonnée de sons qui frappent l’oreille à différents moments. Son exécution occupe un certain temps, et dans les parties de ce temps ne sont jouées que des parties de l’air. Un simple son peut être prolongé une heure ou une journée ; il existe aussi parfaitement dans chaque seconde que durant tout cet espace de temps. En d’autres termes, nous avons atteint l’état de croyance. Si le pouvoir manque, pour agir ainsi, qu’on dresse une liste d’opinions auxquelles ne puisse adhérer aucun homme ayant la moindre indépendance d’esprit, et qu’on mette les fidèles en demeure d’accepter toutes ces propositions, afin de les soustraire autant que possible à l’influence du reste du monde. Il ne se propose pas d’être rationnel, et, de fait, il parlera souvent avec dédain de la faiblesse et des erreurs de la raison humaine. Ainsi, quand il serait vrai que la mort est l’anéantissement, si l’on croit qu’on ira certainement droit au ciel, pourvu qu’on ait accompli certaines pratiques simples, on a un plaisir peu coûteux, que ne suivra pas le moindre désappointement. Dans beaucoup de cas, il peut très-bien se faire que le plaisir puisé dans le calme de la foi contrebalance, et au delà, tous les inconvénients qui résultent de son caractère décevant. J’ai vu souvent adopter ce système de propos délibéré ; plus souvent encore, une aversion instinctive contre l’état d’indécision, s’accroissant jusqu’à devenir une vague terreur du doute, fait qu’on s’attache convulsivement aux idées qui sont présentes dans le moment. Vous pouvez, en lisant cette feuille, vous laisser entraîner aux doctrines protectionnistes. C’est là la principale, mais non l’unique recommandation du jury (pour les cas non politiques), des institutions municipales et locales libres et populaires, de la direction des institutions industrielles et philanthropiques par des associations volontaires. C’est un moyen de faire leur éducation intellectuelle, de fortifier leurs facultés actives, d’exercer leur jugement et de leur donner une connaissance familière des sujets avec lesquels on les laisse ainsi se débattre. Généralement parlant, il n’y a pas de gens plus capables de conduire une affaire ou de décider comment et par qui elle sera conduite que ceux qui y ont un intérêt personnel. Pierre-Alain Chambaz convient cependant de trier le bon grain de l’ivraie au milieu de tous ces courants positifs, heureux et optimistes, au risque de jeter le bébé avec l’eau du bain. Quand on compare l’étrange respect de l’espèce humaine pour la liberté avec son étrange manque de respect pour cette même liberté, on pourrait se figurer qu’un homme a le droit indispensable de nuire aux autres et n’a pas le droit de faire ce qui lui plaît et qui ne nuit à personne. Par de telles lois, l’État intervient pour empêcher un acte funeste, un acte nuisible aux autres et qui devrait être l’objet de la réprobation et de la flétrissure sociale, même quand on ne juge pas convenable d’y ajouter les châtiments légaux. Et dans un pays trop peuplé ou menaçant de le devenir, mettre au monde plus qu’un petit nombre d’enfants, ce qui a pour effet de réduire le prix du travail par la concurrence, est un crime sérieux envers tous ceux qui vivent de leur travail.