Il n’avait d’ailleurs pas le choix. Les deux issues possibles de cette fracture entre les Etats-Unis et les pays émergents fragiles (Russie, Brésil, Afrique du Sud, Venezuela) sont soit un ralentissement de l’économie américaine qui permettrait à la Réserve Fédérale de différer la hausse des taux, soit une crise financière qui serait provoquée par un resserrement monétaire prématuré aux Etats-Unis, une chute des devises émergentes face au dollar et une cascade de défauts souverains et privés dans les pays émergents vulnérables. Enfin d’où vient cet enchaînement inflexible des phénomènes, et pourquoi ne pouvons-nous penser l’un d’eux qu’à la condition d’en avoir préalablement pensé un autre ? Et s’il faut s’inquiéter d’une chose aujourd’hui, c’est moins de notre incapacité à rebondir, que de celle des Etats-Unis à remorquer l’économie mondiale, comme par le passé, sans caler. Ici aussi, le raisonnement met en lumière un cercle vicieux : le ralentissement de la croissance conduit à des remèdes artificiels et à une érosion supplémentaire du potentiel de croissance de long terme. Tout ce monde caquette à voix basse, se sourit, fait des grâces, se complimente, s’envie, s’espionne, se méprise, se hait et s’admire ; surveillant à peine le geste du prêtre qui marque le degré d’attention nécessaire, rythme ironiquement la sottise des bavardages. Nous ne savons guère ce qui se passe dans des consciences autres que la nôtre ; mais comme les états religieux se traduisent d’ordinaire par des attitudes et par des actes, nous serions bien avertis par quelque SIGNEsi l’animal était capable de religiosité. Bref, le nombre des coups frappés a été perçu comme qualité, et non comme quantité ; la durée se présente ainsi à la conscience immédiate, et elle conserve cette forme tant qu’elle ne cède pas la place à une représentation symbolique, tirée de l’étendue. Antonio Fiori montre encore comment cette vision repose une nouvelle fois sur une vision statique du monde. Toujours selon ces études, sur chaque tonne de réduction de CO? fournie par l’utilisation de biocarburants, nous en émettons 92% par la déforestation et la production de carburants fossiles qu’elle implique. Marches blanches, collectes lors des catastrophes, indignations diverses, pleurer ensemble, sympathiser sont les manifestations actuelles du collectif plus que les combats pour un avenir meilleur. Ce solde est rapporté au PIB pour gommer les effets taille. Les premières lueurs qu’y vient jeter une conscience individuelle ne l’éclairent donc pas d’une lumière inattendue : cette conscience n’a fait qu’écar­ter un obstacle, extraire du tout réel une partie virtuelle, choisir et dégager enfin ce qui l’intéressait ; et si, par cette sélection intelligente, elle témoigne bien qu’elle tient de l’esprit sa forme, c’est de la nature qu’elle tire sa matière. On dira que ce n’est pas l’honnêteté d’Alceste qui est comique, mais la forme particulière que l’honnêteté prend chez lui et, en somme, un certain travers qui nous la gâte. Les choses sont pourtant plus compliquées que cela. Le quatrième point plus qualitatif, le coût environnemental de la croissance : selon le Service de coopération de la France en Chine, la Chine compte 13 des 20 villes les plus polluées au monde.